L'alcool chez les jeunes gens : est-il temps de relever l'âge minimum ?

En 2014, un millier de jeunes âgés d'à peine 17 ans ont abouti aux urgences à l'hôpital après un coma éthylique. L'abus d'alcool augmente surtout à partir de 16 ans chez les jeunes. Ce n'est pas un hasard. Il est en effet interdit de vendre de l'alcool à des jeunes avant cet âge. 'L'âge à partir duquel on peut consommer de l'alcool doit être relevé', selon Marijs Geirnaert, directrice du VAD (Centre d'expertise flamand pour l'alcool et les autres drogues).
L'alcool chez les jeunes gens : est-il temps de relever l'âge minimum ?

En Belgique, 1 personne sur 10 est confrontée à un problème d'alcool. L'abus d'alcool continue également à augmenter chez les jeunes. Les coûts sociaux de ce problème s'élèvent à 4,2 milliards d'euros par an. Notre pays se situe dans la moyenne européenne, mais nous sommes l'un des pires élèves de la classe européenne en matière d'initiatives dans la lutte contre l'abus d'alcool. L'Agence Intermutualiste (AIM), le SPF Santé publique et le VAD plaident dès lors pour un plan alcool efficace prévoyant des mesures concrètes.

Les risques de l'alcool chez les jeunes

Dommages cérébraux

Pour le VAD, il est surtout important de relever l'âge minimum pour la consommation d'alcool. Ils proposent d'ailleurs de relever l'âge minimum à 18 ans. Le cerveau des jeunes n'est en effet pas encore totalement développé. Chez les jeunes buveurs, l'abus d'alcool peut causer des dommages cérébraux, qui auront des conséquences plus tard dans leur existence. Plus nous pouvons donc reporter l’âge de début de consommation d’alcool, mieux c'est, précise la directrice du VAD, Marijs Geirnaert. 

Notre législation n'est pas cohérente à l'heure actuelle. Pour les alcools forts, l'âge minimum est de 18 ans, mais pas pour le vin, ni la bière. Un jeune de 16 ans ne peut donc pas boire de whisky, mais bien commander une trappiste. Un âge minimum fixé à 18 ans pour tous les alcools serait beaucoup plus clair et plus pratique.
Marijs Geirnaert, directrice du VAD (Centre d'expertise flamand pour l'alcool et les autres drogues)

Bien d'autres risques...

Les conséquences de l'abus d'alcool ne s'arrêtent pas aux perturbations dans le développement cérébral. La liste des risques auxquels les jeunes sont exposés ne manque pas d'impressionner :

  • Un risque de sévères problèmes d’alcool à l’âge adulte.
  • Des troubles hépatiques et de l’estomac en raison d’organes encore vulnérables.
  • Un développement osseux contrarié en raison d’un équilibre hormonal perturbé.
  • Des comportements sexuels à haut risque (partenaires multiples, relations sexuelles non protégées, coercition sexuelle, …).
  • Une diminution de la capacité de contrôle de soi et de la capacité de réaction, ce qui augmente les risques d’agression, de blessures, d’accidents, …
  • Une intoxication alcoolique, avec risques d’arrêt respiratoire et cardiaque.

La Belgique est à la traîne

La Belgique est en train de devenir une exception au niveau international avec son âge minimum actuel de 16 ans. De nombreux pays européens ont déjà relevé l'âge minimum à 18 ans. Et l'impact de cette décision se dessine déjà clairement : l'âge auquel les jeunes commencent à boire dans ces pays est plus élevé que chez nous. En Belgique, la loi actuelle de 2009 a toutefois déjà eu un impact. En 2000, non moins de 78,2 % des 12-14 ans avaient déjà bu de l'alcool. Pensons par exemple au premier vin mousseux lors de la communion solennelle ou d’une fête au printemps. Cette habitude tend à disparaître. La législation et les actions de sensibilisation portent donc leurs fruits. Nous devons à présent nous concentrer sur les jeunes de 16 ans, car nous remarquons une énorme augmentation de la consommation d'alcool à partir de cet âge. Et de nombreux jeunes de cet âge boivent également de grandes quantités d'alcool.

Un relèvement de l'âge minimum ne suffit pas

Le VAD estime aussi que le prix de toutes les boissons alcoolisées devrait augmenter. Cela a récemment été le cas pour les alcools forts, mais pas pour la bière et le vin. Ceci ne permet pas de réduire la consommation d'alcool, estime M. Geirnaert. Seules les habitudes de consommation sont impactées.

Des règles plus sévères pour encadrer la publicité pour l'alcool seraient une bonne idée. Les campagnes publicitaires sont souvent très recherchées et créent l'illusion que le plaisir est pratiquement indissociable de l’alcool. Des études prouvent que ces publicités influencent surtout les jeunes. Les adolescents qui regardent le plus de publicités pour l'alcool sont aussi ceux qui en boivent le plus.
Marijn Geirnaert, directrice du VAD
Le VAD propose aux écoles des programmes éducatifs relatifs à l'alcool, au tabac et aux drogues. Les campagnes consacrées à la consommation d'alcool se multiplient, comme Tournée Minérale. Ne pas consommer d'alcool pendant un mois doit démontrer les conséquences positives de ce comportement sur l'organisme et le bien-être en général. 

Autres articles

13 janvier 2020

Nous achetons tous de moins en moins de kilocalories

Depuis 2012, les Belges ont acheté environ 4 % de kilocalories de moins au supermarché. La composition des aliments dans les rayons des magasins est de plus en plus équilibrée. C'est ce que révèlent les chiffres de Fevia, la fédération de l'industrie alimentaire belge.

Que propose le menu du jour ? Des légumineuses !

1 personne sur 4 ne peut citer qu'un, voire deux légumineuses. C'est dommage, parce qu'on ne peut les apprécier, faute de les connaître ! Les légumineuses ne sont pas seulement succulentes mais aussi riches en protéines, fibres, minéraux, vitamines et acides aminés. Mieux encore, selon l'économiste de la santé Lieven Annemans, en les intégrant à notre régime alimentaire, nous diminuons les risques de diabète, de cancer du sein et d'hémorragie cérébrale.