Tant qu'il ne devient pas danseur de ballet !

On applaudit les filles pour leur douceur et leur gentillesse, et elles reçoivent généralement plus de compliments sur leur apparence. Les garçons, en revanche, peuvent compter sur des bravos s'ils font preuve d'initiative ou s'ils sont 'courageux' face au mal. Nous envoyons donc le message que les filles doivent être douces et belles, et que les garçons doivent être entreprenants et durs. Mais saviez-vous que ces stéréotypes de genre affectent la santé mentale ? 
Tant qu'il ne devient pas danseur de ballet !

La recherche scientifique nous apprend aujourd'hui que les stéréotypes de genre nous freinent dans nos explorations. Parfois, ils nous empêchent même d'essayer des opportunités ou des activités. Ainsi, les enfants et les jeunes sont inconsciemment poussés dans une certaine direction. Plus fort encore, ils ratent des occasions de développer leurs propres talents..

Les garçons et les filles, tout comme les femmes et les hommes, méritent l'égalité des chances et doivent être traités comme tels. Pourtant, aujourd'hui encore, les normes, idées et attentes stéréotypées liées au genre jouent un rôle. Des questions qui touchent également à la santé physique et mentale. 

Rompre avec les modèles de rôles traditionnels

Nous avons tous été élevés avec des idées stéréotypées sur les garçons et les filles, et inconsciemment nous les transmettons. Ce n'est pas quelque chose que vous pouvez simplement désapprendre. Mais vous pouvez essayer d'y être plus attentif. Si vous vous en tenez aux modèles gentés  classiques, vos enfants en feront autant. Donc, si vous pensez que votre (petit-)fils peut être aussi bon danseur de ballet que maçon ou ingénieur, vous devez montrer que colorier en dehors des lignes classiques est possible et acceptable. 

A propos de l'influence des stéréotypes de genre

Dans quelle mesure les stéréotypes sexuels de l'enfance influencent-ils votre vie ultérieure ? Une étude britannique à grande échelle a déjà montré que les stéréotypes de genre :

  • empêchent les filles d'exceller dans les disciplines scientifiques, technologiques, d'ingéniérie et mathématiques.
  • limitent les capacités de lecture des garçons.
  • sont un obstacle potentiel au bien-être général et à l'estime de soi des enfants.
  • contribuent au développement de troubles alimentaires chez les filles/femmes et à des taux de suicide élevés chez les hommes.
  • limitent les possibilités d'emploi et contribuent à l'écart de rémunération.
  • constituent un terrain propice à la violence sexiste à l'encontre des femmes et des filles.

Les femmes sont meilleures pour prendre en charge et prendre soin ?

Aujourd'hui, il est heureusement, tout à fait normal que les femmes travaillent en dehors du foyer et que les hommes assument une partie des tâches ménagères. Pourtant, des attitudes dépassées continuent de s'incruster- le plus souvent inconsciemment : lorsqu'un homme travaille beaucoup d'heures, il le fait dans l'intérêt de sa famille. Mais quand une femme le fait, c'est au détriment de ses enfants. En conséquence, les femmes sont souvent confrontées à des conflits intérieurs et à des sentiments de culpabilité. En outre, les femmes consacrent toujours beaucoup plus de temps que les hommes aux tâches ménagères, à la garde et à l'éducation des enfants. Ce faisant, les femmes ont moins de temps à consacrer à elles-mêmes. La répartition inégale de ces tâches entraîne donc une pression sur le temps disponible et un stress pour les femmes.

Idées fausses sur le genre et la santé mentale

Surtout lorsqu'il s'agit de maladie mentale, les hommes et les femmes sont considérés différemment. Historiquement, les femmes ont été associées plus que les hommes à la maladie mentale, mais aujourd'hui encore, il existe des stéréotypes et des idées fausses sur le genre et la santé mentale. Par exemple, les hommes se font soigner moins souvent et plus tard pour une dépression. Demander de l'aide ne correspond pas à l'image dominante de la masculinité, ce qui pour beaucoup d'hommes reviendrait à perdre la face.

Contrairement aux femmes, les hommes cachent plus souvent leurs sentiments dépressifs derrière la consommation d'alcool et de drogues et le travail ou l'exercice compulsifs. Ce sont des choses qui correspondent mieux à la masculinité stéréotypée que, par exemple, le fait de parler d'émotions. En outre, les femmes sont davantage socialisées (= le processus par lequel on s'approprie les valeurs et les normes de la société) pour parler de leurs troubles mentaux avec leur entourage et pour demander de l'aide (professionnelle). 

Vous aimeriez en savoir plus sur le genre ?

Pourquoi les filles aiment le rose et les garçons le bleu ? Est-il vrai que les filles sont naturellement plus attentionnées que les garçons ? Les garçons qui aiment porter des robes sont-ils nécessairement gays ?

Le site genderklik.be (en néerlandais), un site d'information des autorités régionales sur le genre, vous propose de nombreuses réponses. Vous y découvrirez tout ce qu'il faut savoir sur l'influence du genre (inégalité) sur nos vies et sur la manière de briser les stéréotypes liés au genre .

Besoin d'une conversation ou d'un conseil spécifique ? Appelez la Ligne d'écoute Partena au 0800 88081 et profitez d'une aide psychologique gratuite par téléphone en tant que client de la Mutualité Partena.   

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