Les jeux vidéo, un jeu dangereux

‘Addictif’, c'est un mot qui revient souvent chez les jeunes, quand ils parlent de jeux vidéo, qui les 'branchent'. Mais quand peut-on parler d'une véritable addiction au gaming ? Et existe-t-il une ‘saine manière de gamer’ ? Le psychothérapeute Mark Frederickx nous l'explique.
Les jeux vidéo, un jeu dangereux

Accro ou dépendant ?

Vous l’avez peut-être déjà vécu en tant que parent : votre enfant joue à un jeu vidéo et il est tellement absorbé qu’il remarque à peine ce qu’il se passe autour de lui. Faut-il y voir les premiers signes d’une dépendance aux jeux vidéo ?

Le mot ‘dépendance’ nous vient trop vite à la bouche. Les véritables dépendants constituent en effet un très petit groupe. Il s’agit surtout de jeunes présentant une prédisposition
à la dépendance, tellement passionnés par leurs jeux vidéo qu’ils perdent tout contact avec la réalité. Pour la plupart des jeunes, les jeux vidéo constituent même un passe-temps
enrichissant.
Mark Frederickx, psychothérapeute au Centre Psychiatrique Broeders Alexianen à Tirlemont

 

Quand parle-t-on d’addiction ? 

On ne parle de problème que lorsque des tâches propres à l’âge du joueur ne sont plus remplies. Cela se traduit, par exemple, par de mauvais résultats à l’école, la perte de contact avec les amis, …  Ces jeunes se renferment souvent complètement, et ne prennent plus soin d’eux-mêmes.

Que peuvent faire les parents qui s’inquiètent ? 

Débrancher l’ordinateur portable ou la console de jeu provoque l’effet inverse et déclenche même de l’agressivité, ajoute le psychothérapeute Mark Frederickx. Lorsque le mal est fait, il est
surtout important que les parents parlent à nouveau avec leur enfant et lui montrent leur intérêt. La communication leur permet de renouer le contact.

Pour les gamers les plus dépendants, la reprise de la vie sociale constitue souvent le plus grand obstacle. Ils vivent en majeure partie dans un monde virtuel et il leur est très difficile de revenir
dans la réalité, souligne Mark Frederickx.

En quoi consiste le traitement ?

Nous analysons tout d'abord le problème avec le joueur concerné, le temps d’une conversation. Ensuite, nous lui demandons d’apporter son pc et de me montrer à quoi il joue. Les psychothérapeutes utilisent aussi un programme qui enregistre les activités sur le pc. Cela nous permet de lui montrer noir sur blanc combien de temps il y passe.

Le but du traitement n’est pas de jeter tous les jeux vidéo à la poubelle. Les psychothérapeutes essaient surtout de faire diminuer le nombre d’heures de jeu, et de construire d'autres activités sociales. En effet, briser l’isolement social reste le plus grand défi. Il arrive aussi fréquemment que nous découvrions d’autres problèmes tels que la dépression, d’autres addictions ou l’autisme. Et il n'est pas rare qu'une addiction au gaming soit aussi associée à la consommation de drogues douces.

Gamer sainement, c'est possible ! 

Les jeux vidéo traînent souvent une mauvaise réputation en raison de leur caractère addictif, mais c’est un peu réducteur.

Pour la plupart des jeunes, les jeux vidéo ont même une valeur éducative. Ils permettent notamment de favoriser la coordination yeux-mains, la capacité à faire plusieurs choses en même temps, les capacités à résoudre les problèmes, le sens de l’analyse,, etc.
Les gens oublient parfois, à tort, ces caractéristiques positives.
Mark Frederickx, psychothérapeute au Centre Psychiatrique Broeders Alexianen à Tirlemont

 

Les côtés positifs du gaming 

  • Vous apprenez à orienter votre réflexion pour résoudre les problèmes.
  • Le gaming vous apprend à vous concentrer et à persévérer.
  • Vous apprenez à prendre rapidement des décisions et à faire des choix.
  • Les jeux sont bons pour la perception de l’espace, la capacité d’orientation et la vitesse de réaction.
  • Ils améliorent la coordination yeux-mains grâce à la combinaison du mouvement et du regard.
  • Ils vous apprennent à gérer des flux d’informations complexes.
  • Beaucoup de jeunes apprennent l’anglais – tant parlé qu’à la lecture – grâce au gaming.
  • Les jeux associant plusieurs joueurs apprennent à collaborer, à prendre des engagements et à nouer d’autres relations sociales.

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