Un petit coup de fil et une oreille attentive

Gerrit est assistant social et une des personnes au sein de la Mutualité Partena qui appelle les plus de 80 ans pour prendre de leurs nouvelles. Voici son récit.
Un petit coup de fil et une oreille attentive

Un nouveau matin, un autre jour

Je prends le journal qui attend depuis quelques jours d’être lu, avant d’atterrir dans la corbeille à papier. Tous les titres ne parlent que d’une seule chose, le Covid-19. Et pourtant, mon regard se pose sur un autre article. 

‘’Les mutualités en Belgique forcées d’adapter leur service aux mesures imposées dans le cadre de l’épidémie de coronavirus, mais elles restent disponibles pour leurs membres. A la Mutualité Partena, toutes les personnes de plus de 80 ans sont contactées par téléphone, soit quelque 10.000 membres…”

J’avale une gorgée de mon café, tiède comme cela m’arrive souvent ces derniers temps. 

Beaucoup de gens restent chez eux à cause du virus 

Certains parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, d’autres pour y télétravailler. Je fais partie de ces personnes qui travaillent de chez elles, et j’appelle les plus de 80 ans, leur apporte une oreille attentive, et m’inquiète surtout de l’aide dont ils ont besoin. Parviennent-ils à se procurer de la nourriture, ont-ils encore d’une manière ou d’une autre des contacts avec des tiers, ont-ils besoin d’aide, ou se posent-ils des questions ?

Les gens sont souvent surpris de m’entendre, reconnaissants aussi que je les appelle. De mon côté, je ne suis pas moins surpris du nombre de fois où j’ai entendu que ‘tout va bien’. 
Ainsi, les voisins ou les enfants qui vont faire les courses, et les laissent à la porte de l’habitation pour éviter la contamination. La distanciation sociale au seuil de l’habitation. Ou l’infirmière qui vient donner les soins quotidiens, enveloppée dans son uniforme de martien. 

D’étranges tableaux qui me passent par la tête, en écho à l’émotion suscitée par les récits entendus. 

Certains voient l’épidémie comme une guerre µ

Le manque des gestes d’affection

Ils ne peuvent, n’osent, ni ne veulent sortir de la maison, et s’enferment chez eux, le frigo et le congélateur remplis à ras bord. En attendant l’ennemi de pied ferme. Un ennemi qu’ils ne voient ni n’entendent. Marcher 20 fois par jour autour de la table pour entretenir le physique. Manger alors qu’on n’a pas vraiment faim, plutôt une tartine que préparer un ‘vrai’ repas, parce que cuisiner, cela coûte de l’énergie, littéralement et au sens figuré. 

Et puis le manque, ne plus avoir vu depuis des semaines les petits-enfants qu’on accueillait à bras ouverts le mercredi après-midi. Le manque de ces gestes d’affection. 

Des images horribles

Les gens racontent qu’ils font des rêves angoissants, qu’ils ont peur, savent et ont conscience qu’il n’est pas nécessaire de regarder 2 ou 3 fois les ‘mauvaises’ nouvelles, mais le font quand même. Les images diffusées sont déprimantes, montrent des rayons vides, de longues files d’attente, et chaque jour, un univers où la mort rôde. 

Et en journée, nos anciens somnolent et font ces mêmes rêves. Les nuits ne sont décidément plus ce qu’elles étaient. 

Beaucoup d’entre eux passent de longues heures devant la télé, à regarder des images de l’extérieur sur leur écran, d’autres paysages et d’autres contrées, alors qu’ils voient toujours la même chose à travers leurs fenêtres, une rue vide. Les voix qui s’échappent de leur téléviseur comblent le vide du living. Cela n’a malheureusement pas la même saveur qu’une véritable conversation. Ce n’est qu’une diversion. 

Où sont les autres personnes âgées ?

La question revient souvent, Où sont les autres personnes âgées ? Parce que s’ils voient de temps en temps une maman qui se promène avec ses enfants, ou le petit voisin martyriser les pédales de son vélo, qu’est devenu ce voisin retraité qui passait tous les jours à la même heure pour aller à la librairie. Une éternité qu’on ne l’a plus vu. 

Et pendant ce temps, à la maison

Je me libère de ces images en posant les pieds sur les marches de l’escalier qui réagissent en geignant, comme sous le poids des pattes d’un éléphant. Deux visages souriants viennent illuminer le living. ‘’Qu’allons-nous faire aujourd’hui ?” demande l’aîné. Je souris. Ils sont aussi à la maison, pas d’école, les leçons sont données sur le pc. 
Et tout d’un coup, je repense à ce café qui doit être tout à fait froid, et à ce journal aux ‘vieilles nouvelles’.

Appeler mamy après le petit-déjeuner, parce qu’il n’y a rien pour elle qui surpasse un coup de fil avec ses enfants ou ses petits-enfants ...
Je leur dis ‘’C’est l’heure du petit-déjeuner’’ en les regardant : “Après le petit-déjeuner et vos feuilles de calcul mental, vous pourrez appeler mamy.” On peut prendre la question par n’importe quel bout, mais à mon avis, tout le monde préfère avoir ses enfants ou ses petits-enfants au téléphone, plutôt que ce travailleur social de la mutualité. 

Et à défaut, nous sommes là. 

Gerrit
Assistant social chez Mutualité Partena
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